Depuis 2020, Julie Roussel, infirmière praticienne spécialisée en première ligne, partage son quotidien entre deux milieux essentiels pour les Autochtones vivant en milieu urbain : le Centre multiservices MAMUK et le Centre d’Amitiés Autochtones.
Chaque jour, elle y accueille des personnes dont le parcours est souvent marqué par la méfiance envers le réseau et par des traumatismes qui traversent parfois plusieurs générations.
Dans la clinique Uatik’u du Centre Mamuk, rien ne rappelle une clinique traditionnelle. On entre plutôt dans un véritable milieu de vie : une odeur de sauge qui apaise, un accueil offert dans la langue Innue, des œuvres autochtones qui colorent l’espace, une cuisine où l’on se rassemble.
Stéthoscope perlé autour du cou, Julie y pratique autrement : « Ici, les gens se sentent entendus et respectés. C’est essentiel, parce qu’ils arrivent souvent avec une méfiance bien réelle, à la suite à de mauvaises expériences ou incompréhensions vécues dans le réseau. »
Sa pratique repose sur la sécurisation culturelle et une profonde compréhension du vécu de chacun. « Leur parcours est un parcours du combattant. Je me dois de les accueillir avec bienveillance. »
Son rôle d’IPS prend ici une ampleur particulière. Un rendez-vous ne se limite jamais à un seul problème : Julie prend le temps d’explorer la situation globale, d’aborder les enjeux physiques, mentaux, sociaux ou familiaux, puis de mobiliser les ressources nécessaires. « Je rencontre des situations complexes. Mon rôle devient un pont entre leurs besoins et les services des autres professionnels. C’est une vraie clinique de proximité, pensée pour eux. »
Ce que la communauté lui apporte
Pour Julie, travailler avec les personnes autochtones est une source d’apprentissage et d’inspiration quotidienne. « C’est une pratique stimulante, unique. L’esprit communautaire m’apporte une vision plus humaine et globale de la santé. »
Elle voit MAMUK et Nitnat comme bien plus que des lieux de soins : ce sont des points d’ancrage. « Quand les gens quittent la communauté autochtone et arrivent dans une grande ville, ils ne savent pas où consulter. Ici, ils trouvent un endroit où on les comprend, où ils se sentent accueillis, où ils savent qu’ils peuvent revenir. »
Grâce à son écoute, sa bienveillance et son engagement indéfectible, Julie contribue chaque jour à retisser le lien de confiance entre le réseau de la santé et les autochtones en milieu urbain. Son travail illustre une pratique profondément humaine, ancrée dans le respect et la collaboration.
Merci, Julie, pour ton dévouement et pour l’impact réel que tu crées auprès des personnes que tu accompagnes.






