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Les facteurs de risques psychosociaux en contexte de pandémie

Dans ses Recommandations concernant la réduction des risques psychosociaux du travail en contexte de pandémie - COVID-19, l’Institut national de santé publique (INSPQ) explique que les risques psychosociaux du travail des facteurs liés à l’organisation du travail, aux pratiques de gestion, aux conditions d’emploi et aux relations sociales et qui augmentent la probabilité d’engendrer des effets néfastes sur la santé physique et psychologique des personnes exposées. 

Voici quelques exemples de facteurs qui peuvent survenir en contexte de pandémie de COVID-19 :

La charge de travail 

  • Une charge de travail plus lourde, de la pression pour récupérer le travail non fait.
  • De longues heures de travail (ex. : l’absence de pauses, le temps supplémentaire obligatoire).
  • Un manque de personnel
  • Des mandats, des tâches ou des consignes de travail peu définis ou sujets à de nombreuses interprétations ou modifications.
  • Un manque d’outils nécessaires pour bien faire son travail (ex. : les outils de protection individuels).
  • Un manque de formation pour les tâches qu’on demande d’exécuter dans un contexte de redéploiement des ressources.
  • Une plus grande complexité du travail liée au respect des consignes de protection (ex. : distanciation, utilisation des équipements de protection individuels). 
  • Un sentiment de ne pas pouvoir faire un travail de qualité.
  • Des façons de faire qui heurtent les valeurs personnelles ou professionnelles. 
  • Des traumatismes émotionnels (ex. : des décisions de soins déchirantes, le décès de patients ou de collaborateurs).
  • Des comportements inappropriés de la part de clients, de patients, de collaborateurs externes.
  • La peur d’être contaminés par la Covid-19 et celle de contaminer ses proches.
  • La difficulté de concilier le travail et les responsabilités familiales et personnelles (ex. : télétravail; garde des enfants). 

Le soutien des supérieurs et des collègues

  • Un manque de disponibilité du supérieur immédiat pour obtenir des informations utiles ou essentielles à l’exécution de son travail.
  • Une réduction des temps d’échange et de partage avec ceux qui encadrent le travail (absence de réunion d’équipe).
  • Une plus grande difficulté à clarifier les mandats et les rôles de chacun.
  • Peu d’écoute ou d’empathie face aux préoccupations du personnel (ex. : demande de congés, besoins d’aménagements du travail).
  • Des tensions, des conflits ou des marques d’incivilité.
  • Une plus grande instabilité au sein des équipes de travail.
  • La réduction ou l’absence de réunion d’équipe.
  • La plus grande distance entre le travailleur et les membres de son équipe.
  • Le manque d’occasions informelles pour se réunir, échanger, partager, s’entraider.

La reconnaissance

  • Le manque de respect et d’estime à l’égard des travailleurs.
  • La difficulté de reconnaître adéquatement les efforts déployés par les travailleurs.
  • Le manque de reconnaissance des risques encourus par les travailleurs.
  • La présence d’iniquités ou de favoritisme entre des secteurs ou des personnes.
  • Des tensions liées à la rémunération en contexte de pandémie (ex. : primes, bonifications salariales).
  • Une grande insécurité face au maintien de son emploi et de ses conditions de travail.

L’autonomie décisionnelle

  • Le manque d’occasions de participer aux décisions. 
  • Le manque d’occasions d’utiliser les compétences et d’en développer de nouvelles.
  • Le peu de possibilités de faire preuve de créativité et de prendre des initiatives.

Piste d’action pour la prévention 

En plus de contrôler les risques de transmission de la COVID-19, il est recommandé de veiller à mettre en place un environnement psychosocial de travail propice à la santé psychologique et à prendre les actions nécessaires pour prévenir la détresse psychologique des travailleurs liée directement ou indirectement à la pandémie.
L’INSPQ propose quelques exemples de pistes d’action dont les impacts positifs sur la santé des travailleurs sont reconnus :

  • Faciliter les échanges en instaurant des modalités de communication (ex. : réunions d’équipe régulières, échanges électroniques).
  • Communiquer régulièrement et de façon transparente sur le travail à faire et sur les modalités pour y parvenir.
  • Être à l’écoute des inquiétudes et des suggestions des employés et y donner suite le plus rapidement possible.
  • Être attentif aux enjeux de conciliation travail famille rencontrés par les travailleurs.
  • Renforcer la culture de soutien et d’entraide au sein du milieu de travail.
  • Donner l’exemple.
  • Encourager l’empathie et la bienveillance au sein des équipes de travail.
  • Tout en respectant les mesures de distanciation ou en utilisant des outils technologiques, offrir des moments pour permettre aux travailleurs d’être ensemble, de s’exprimer, de s’entraider et de réfléchir sur des solutions aux défis rencontrés et aux solutions à développer. 
  • Être attentif aux conditions propices à l’émergence de harcèlement psychologique au travail (ex. : conflits non gérés, incivilités) et initier le plus tôt possible les mesures nécessaires pour le prévenir et, le cas échéant, le faire cesser (voir à ce sujet la documentation de la CNESST)
  • Donner les moyens adéquats aux travailleurs pour qu’ils puissent bien faire leur travail, de façon sécuritaire et satisfaisante (ex. : outils de télétravail, équipement de protection individuel, procédures claires en cas de présence de symptômes). 
  • Au besoin, offrir de la formation d’appoint pour acquérir minimalement les connaissances critiques pour réaliser le travail demandé.
  • Encourager les travailleurs à prendre la durée entière de leur pause prévue à leur horaire.
  • Privilégier la reconnaissance au quotidien pour les travailleurs et pour les équipes, valoriser les efforts consentis par chacun, porter un jugement positif sur le travail. 
  • Consulter les employés sur les décisions qui concernent leur travail. 
  • Miser sur la participation des personnes et des groupes et stimuler les initiatives.

La CNESST partage également un aide-mémoire à l’intention des milieux de travail, visant à minimiser les risques psychosociaux dans les milieux de travail.

Détecter la détresse chez les travailleurs

La CNESST demande aussi à l’employeur d’adopter des stratégies pour détecter les personnes qui seront plus particulièrement touchées par les risques psychosociaux de la pandémie. Les signes et les symptômes de la détresse psychologique sont de quatre ordres : physique, cognitif, émotif et comportemental. Pour être significatifs, ces symptômes doivent s’accompagner d’un changement d’habitudes et de comportements. Les nouvelles embauches, les réaffectations des travailleurs, le stress et la fatigue causés par cette situation inhabituelle peuvent nécessiter des mesures particulières. 

En cas de détresse psychologique, il est important de diriger ces personnes vers le programme d’aide aux employés (PAE) ou d’autres ressources de soutien (voir plus bas). La mise en place de diverses mesures de prévention dans le milieu de travail et une bonne communication de l’information permettront à l’employeur de répondre aux préoccupations de chacun, et ainsi de rassurer les travailleurs et de réduire leur anxiété.

Ressources d’aide pour les bénévoles et les travailleurs des organismes  

  • Ligne d'écoute provinciale pour les bénévoles et les travailleurs du secteur de l'économie sociale et de l'action communautaire : 1 855 768-7LEO (1 855 768-7536)
  • Service Info-social en composant le 811 (option 2)
  • Centre de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (1 866 277-3553)
  • L’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) : https://www.ordrepsy.qc.ca/
  • Le service Info-Aidant (Service pour les proches aidants d'aînés, leur entourage, les intervenants et les professionnels de la santé) : 1 855 852-7784 ou https://www.lappui.org/Trouver-des-ressources/Service-Info-aidant 

Outils

Pour en savoir plus :

Questions, commentaires, suggestions? 

Les organismes communautaires de la région de la Capitale-Nationale peuvent en tout temps nous écrire à l’adresse suivante : dsp.covid19.communautaire.ciussscn@ssss.gouv.qc.ca 

Mise à jour : 20 août 2020