MAI 2018 - 16e Journée annuelle de la recherche

Conférences et ateliers

Journée annuelle de la recherche

Conférences et ateliers

›› 9 h 15 - 10 h 30

Résultats récents d’études longitudinales sur le développement social et cognitif des enfants du Québec

Conférencier : Michel Boivin, Ph. D., professeur titulaire. École de psychologie de l’Université Laval

Des conditions de vie adverses  tôt dans la vie prédisent des difficultés ultérieures, notamment sur les plans de l’apprentissage, de l’adaptation sociale et de la santé mentale. Cependant, on connait peu de choses du développement précoce des trajectoires de vie potentiellement problématiques. Cette présentation fera état de résultats de l’Étude du développement des enfants du Québec (ÉLDEQ) et de l’Étude des jumeaux nouveau-nés du Québec (ÉJNQ); deux études longitudinales sur des enfants qui ont été régulièrement évalués depuis l’âge de 5 mois, sur une variété de caractéristiques personnelles, familiales et sociales. Les résultats de ces deux études illustrent :

(1) le développement de trajectoires problématiques dès l’âge préscolaire; 

(2) leurs déterminants génétiques et environnementaux;

(3) les bénéfices potentiels de la fréquentation des milieux de garde pour les enfants plus vulnérables.

Les implications de ces résultats pour notre compréhension des processus de développement, de l’intervention préventive et des politiques visant l’enfance et la famille seront discutées.

 

 

›› 10 h 45 - 11 h 45  •  ATELIERS AU CHOIX

A • L’orthophonie en contexte de protection de l’enfance : Au cœur des interventions au Centre jeunesse de Québec

Conférencière :  Marie Vézina, orthophoniste. CIUSSS de la Capitale-Nationale

Cette présentation portera sur les besoins orthophoniques particuliers des enfants et des familles suivis par les services de protection de la jeunesse. Elle propose un survol de la littérature scientifique concernant (1) les effets de la maltraitance sur le développement langagier des jeunes enfants et (2) les programmes d’intervention précoce ciblant le langage des enfants en contexte de maltraitance. Les conditions essentielles au succès des interventions ciblant le langage de ces enfants seront discutées. L’offre de services orthophoniques du Centre jeunesse de Québec, conçue spécialement pour répondre aux besoins des enfants vulnérables, sera ensuite présentée. Enfin, un projet de recherche portant sur l’intégration de ces familles aux services orthophoniques du réseau de la santé, en lien avec la trajectoire inter établissements, sera présenté brièvement. L’ensemble de ces données invite à une réflexion critique sur nos défis en tant que réseau de la santé, dans une perspective d’amélioration continue des services.

 

B • Vers l'équité en santé chez les tout-petits dans la Capitale-Nationale : concrètement?

Conférencier :  Céline Lepage, agente de planification, de programmation et de recherche, CIUSSS de la Capitale-Nationale  •  Monik St-Pierre, agente de planification, de programmation et de recherche, CIUSSS de la Capitale-Nationale  •  Maryse St-Gelais, médecin-conseil, CIUSSS de la Capitale-Nationale

Bien que la région de la Capitale-Nationale soit considérée globalement comme étant privilégiée sur le plan économique, des écarts importants de santé y sont observés, ceux-ci ayant été démontrés dans plusieurs productions au cours des dernières années. La Direction de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale convie l’ensemble de ses partenaires à travailler en concertation et à s’engager dans la réalisation d’actions concrètes dans le but d’améliorer la santé de sa population et de contribuer à diminuer les inégalités sociales de santé (ISS).

L’atelier proposé a pour objectifs d’informer les participants sur le concept d’équité en santé (ES) et de les sensibiliser au sujet des ISS présentes dans la région, notamment chez les tout-petits. Ils seront ensuite invités à mettre en pratique les concepts « ES-ISS » : quelles sont les questions-clés à se poser pour la prise en compte des ISS en vue de cibler les actions concrètes qui contribueront à leur réduction au cours de la petite enfance ?

 

C • L’intervention fondée sur l’attachement : validation continue et nouvelles perspectives de développement

Conférencier :  George M. Tarabulsy, Ph. D., professeur titulaire, Université Laval  • Claire Baudry, Ph. D., professeure, Université du Québec à Trois-Rivières  •  Jessica Pearson, chercheure postdoctorale, Université McGill

La relation d’attachement qui se développe entre parent et enfant durant les premières années de vie aide l’enfant à s’organiser sur les plans cognitif, émotionnel, social et physiologique. Dans la mesure où cette relation est sécurisante pour l’enfant, ce dernier se développe de façon à intégrer graduellement son environnement, ce qui lui permet de s’adapter aux divers enjeux qui lui sont présentés. Les résultats de plusieurs études réalisées depuis les 40 dernières années illustrent bien le caractère favorable de l’attachement sécurisant pour le développement ainsi que le risque qui est encouru par un attachement insécurisant ou désorganisé (Fearon et coll., 2010 ; Madigan et coll., 2012 ; 2016). Or, pour les enfants qui grandissent dans des circonstances de vulnérabilité sociale, l’établissement d’un attachement sécurisant peut être un défi important, l’écologie familiale étant truffée de divers obstacles à la sensibilité des parents pouvant nuire à leur manière de répondre aux signaux et aux besoins de leur enfant.

Cette présentation porte sur une stratégie d’intervention fondée sur les principes de l’attachement : l’intervention relationnelle. Celle-ci fut développée afin de soutenir la relation parent-enfant à risque sur le plan social en utilisant une technique de rétroaction vidéo. La présentation est composée des cinq éléments suivants :

1) un résumé du rationnel derrière l’intervention relationnelle;

2) un survol des éléments techniques de cette stratégie;

3) des résultats de recherches provenant de trois différentes études empiriques auprès de populations vulnérables, notamment celles suivies par les services de protection de l’enfance;

4) les implications liées à l’implantation de cette méthode dans un milieu d’intervention;

5) les nouveaux développements découlant de cette stratégie.

 

D • Intercepter la transmission intergénérationnelle du risque associé à la maltraitance : le projet STEP (Soutenir la Transition et l’Engagement dans la Parentalité

Conférenciers :  Nicolas Berthelot, Ph. D., professeur agrégé et psychologue, Université du Québec à Trois-Rivières • Christine Drouin-Maziade, D. Psy., coordonnatrice clinique du projet STEP et agente de recherche, Université du Québec à Trois-Rivières • Roxanne Lemieux, Ph. D., professeure associée et psychologue, Université du Québec à Trois-Rivières

L’attente d’un enfant représente une période de stress importante, puisque les perturbations inhérentes à la grossesse sollicitent les capacités d’adaptation de tous les individus, et ce, même dans les conditions optimales. Pour les personnes ayant été victimes de maltraitance au cours de leur enfance, le défi peut apparaître encore plus grand, et le risque est accru que les bouleversements associés à cette transition déclenchent ou exacerbent des vulnérabilités biopsychosociales.

Chaque année au Québec, plus de 50 000 parents victimes de maltraitance durant l’enfance donnent naissance à un enfant. Les données de recherche suggèrent que les enfants de parents ayant été exposés à de mauvais traitements seraient plus à risque d’être victimes de maltraitance. De plus, les enfants de parents ayant une histoire de maltraitance seraient plus à risque de présenter diverses particularités neurobiologiques et des problèmes développementaux, et ce, même en l’absence de répétition de la maltraitance. À ce jour, il n’existe aucune intervention de groupe prénatale « manualisée » impliquant tant les mères que les pères et ciblant les impacts intergénérationnels de la maltraitance et de la négligence afin d’intercepter, en aval, cette trajectoire de risque. Les interventions visent plutôt à soutenir les parents à la suite de la naissance de leur enfant alors que diverses difficultés sont bien installées.

Le présent atelier discute des récentes données de recherche quant aux défis de la transition à la parentalité dans un contexte traumatique et présente les bases d’un programme d’accompagnement de groupe préventif spécifiquement développé pour les personnes en attente d’un enfant et ayant été victimes de maltraitance au cours de leur enfance : le programme STEP.

 

›› 13 h - 14 h 15

Les enfants et les jeunes : évaluation d’impacts socioéconomiques

Conférencière :  Catherine Haeck, Ph. D., professeure-chercheure, Département des sciences économiques de l’Université du Québec à Montréal, Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations

Résumé à venir.

 

›› 14 h 30 - 15 h 30  •  ATELIERS AU CHOIX

E • Ces années incroyables, un programme d’entraînement aux habiletés parentales offert en centre jeunesse : effets à court et à long terme et processus cliniques en jeu

Conférencières :  Marie-Josée Letarte, Ph. D., professeure, Université de Sherbrooke • Isabelle-Ann Leclair Mallette, candidate au Ph. D., Université de Sherbrooke

Le programme Ces années incroyables – CAI sera décrit et les résultats de 10 années de recherche sur ce programme seront présentés. Nos études concernent des familles « naturelles » et des familles d’accueil. D’abord, une description des familles naturelles ayant pris part à CAI permet de constater que des profils variés ressortent. Les résultats révèlent que ces familles participent en moyenne à 71% des rencontres; les familles d’accueil à 65%.

Les deux études ayant exploré les effets à court terme de CAI ont obtenu des résultats similaires pour les parents de familles « naturelles » et d’accueil : ils utilisent plus souvent les félicitations et récompenses, la discipline verbale positive et une discipline appropriée alors que la sévérité et l’inconstance de leur discipline diminuent. Une étude réalisée avec des données administratives démontre qu’à partir du moment où les parents participent à CAI, la probabilité de fermeture de dossier de leur enfant augmente de 38%.

La fidélité d’implantation a été évaluée. Les résultats démontrent que l’adhésion moyenne au protocole d’intervention est « excellente » pour les groupes de familles « naturelles » et « très bonne » pour les groupes de familles d’accueil. Le dosage offert est excellent, mais il décroît significativement au fil des ans. Le rôle de l’alliance de travail entre parent et intervenant dans CAI a été exploré. Plus l’alliance de travail entre le parent et les animateurs est positive, plus les parents sont assidus et engagés dans les rencontres et plus ils bénéficient de CAI en améliorant leurs pratiques éducatives.

 

F • Les maternelles 4 ans : la qualité de l’environnement éducatif et son apport à la préparation à l’école chez les enfants en milieux défavorisés

Conférenciers :  Christa Japel, Ph. D., professeure titulaire, Université du Québec à Montréal • France Capuano, Ph. D., professeure titulaire, Université du Québec à Montréal • Marc Bigras, Ph. D., professeur titulaire, Université du Québec à Montréal

La réussite éducative des enfants en milieux défavorisés demeure une préoccupation pour notre société puisqu’une proportion substantielle d’entre eux commence l’école avec des lacunes importantes sur les plans cognitif et socioaffectif. Pour augmenter l’égalité des chances, le gouvernement implante, depuis 2013, une nouvelle mesure de « maternelle 4 ans » à temps plein qui prépare à l’école des enfants de milieux défavorisés.

La recherche présentée dans le cadre de cette conférence est novatrice parce qu’elle est la première à examiner la qualité de l’environnement éducatif d’un programme offert en milieu scolaire, soit la maternelle 4 ans temps plein en milieu défavorisé (MTPMD). En tenant compte des caractéristiques individuelles et familiales des participants (N=500), nous analyserons la contribution potentielle de cette mesure à la préparation à l’école chez des enfants en milieux défavorisés. Les principaux résultats ainsi que les multiples recommandations qui en découlent et qui permettraient d’améliorer ce programme ciblé seront présentés  de même que les chances de réussite des enfants à risque d’échec scolaire.

 

G • Intervenir auprès des familles en contexte de négligence : Résultats du Programme d’aide personnelle, familiale et communautaire, 2e génération (PAPFC2)

Conférenciers :  Annie Bérubé, Ph. D., professeure, Université du Québec en Outaouais • Vicky Lafantaisie, Ph. D., professeure, Université du Québec en Outaouais • Sylvain Coutu, Ph.D., professeur, Université du Québec en Outaouais • Diane Dubeau, Ph. D., professeure, Université du Québec en Outaouais • Carl Lacharité, Ph. D., professeur, Université du Québec à Trois-Rivières, Centre d’études interdisciplinaires sur le développement de l’enfant et la famille (CEIDEF)

Au Québec, la négligence demeure au premier rang des signalements retenus par la Direction de la protection de la jeunesse (Trocmé et collab., 2013). Ainsi, un nombre important d’enfants grandissent dans un contexte où la réponse à leurs besoins physiques, émotifs ou éducatifs s’avère inadéquate. Plusieurs études nous renseignent sur les graves répercussions de cette situation sur la trajectoire développementale des enfants. Le Programme d’aide personnelle, familiale et communautaire, 2e génération (PAPFC2) a été mis sur pied en se basant sur une perspective écosystémique de la négligence, selon laquelle une multitude de facteurs interagissent pour empêcher l’environnement familial de répondre adéquatement aux besoins des enfants. La présentation permettra d’examiner les retombées de ce programme. Des données ont notamment été recueillies sur le niveau de stress parental, le degré de dépression maternelle, le niveau de négligence physique et émotionnel auquel les enfants sont exposés et le soutien social des parents. Des données ont également été recueillies afin de vérifier les retombées du programme sur le développement des enfants.

Le programme étant multisites, certains résultats ont été mis en lien avec son degré d’implantation. La présentation permettra de discuter des avantages et des limites d’un programme écosystémique, de même que des études à poursuivre afin de mieux comprendre et soutenir les familles en contexte de négligence.

 

›› 15 h 30 - 15 h 45

Mot de la fin

George M. Tarabulsy, PH. D., Directeur scientifique, Centre de recherche universitaire sur les jeunes et les familles, CIUSSS de la Capitale-Nationale