Si des personnes connaissent un problème d’insécurité alimentaire, c’est parce qu’elles ne veulent pas s’en sortir. Elles n’ont qu’à travailler.

Vivre en sécurité alimentaire n’est pas un choix de vie.

Pour une bonne partie des personnes touchées, ce n’est pas non plus une situation permanente. Souvent, il s’agit d’une situation temporaire (ex. : dans le contexte d’une perte d’emploi) ou périodique (ex. : à la rentrée scolaire pour certains parents, ou bien dans les mois d’hiver, alors que les dépenses liées au chauffage déséquilibrent un budget limité).

C'est une question de revenu.

Parmi les personnes qui ont déclaré, en 2003, que leur principale source de revenu familial provenait d’un emploi, 8 %, soit près de 30 000 personnes de la région de la Capitale-Nationale, disait avoir vécu une situation d’insécurité alimentaire par manque d’argent.

De nos jours, une situation économique de plein emploi ne suffit plus pour passer de la pauvreté sans travail au travail sans pauvreté. En fait, il ne s’agit plus de trouver un emploi, mais d’en trouver un qui permette un niveau de vie adéquat! Tout en travaillant, bien souvent au salaire minimum, beaucoup de ces personnes doivent recourir aux services des banques alimentaires et des organismes de charité et communautaires, souvent pour des résultats bien maigres. Leur maintien en emploi peut d’ailleurs s’en trouver fortement compromis.

En 2007, un individu payé au salaire minimum (8,00 $) doit travailler 51 heures par semaine pour atteindre un revenu de travail équivalant au seuil de faible revenu (SFR) avant impôt de 2006. On appelle « travailleur à faible revenu » la personne qui cumule un nombre important d’heures de travail rémunéré durant l’année, mais dont le revenu est insuffisant pour surpasser le seuil de faible revenu.

On appelle « travailleur à faible rémunération » le travailleur dont le taux salarial composite pour tous les emplois qu’il occupe un inférieur à 10 $ l’heure (en dollars constants de 2001).

Les seuils de faible revenu (SFR)

Les seuils de faible revenu (SRF) sont des seuils, établis à partir de l’analyse des données sur les dépenses des familles, en deçà desquels les familles consacrent une part plus importante de leur revenu (20 % de plus) aux nécessités, soit l’alimentation, le logement et l’habillement, que ne le fait la famille moyenne. Afin de rendre compte des différences de coûts des nécessités entre les diverses tailles de communauté et de famille, les SRF sont calculés pour cinq tailles de communauté et sept tailles de famille (Statistique Canada).

En 2006, pour une région urbaine comme celle de la Capitale-Nationale, le seuil de faible revenu (SRF) avant impôt, pour une personne seule, était de 21 202 $; quant au SRF après impôt, il s’établissait à 17 750 $.

De façon générale, on s’entend pour considérer comme extrêmement pauvre une famille dont le revenu est inférieur à 50 % du SFR après impôt, soit, en 2006, à moins de 8 785 $.