Protection de la jeunesse

Les mauvais traitements psychologiques : un mal silencieux

Les mauvais traitements psychologiques : un mal silencieux

Quand on évoque la maltraitance des enfants, les images qui nous viennent en tête spontanément sont celles de l’abus physique, de l’abus sexuel et de la négligence grave. Défilent alors dans l’imaginaire de chacun des scénarios de familles dysfonctionnelles avec des parents toxicomanes, perturbés mentalement, violents et délinquants. Rares sont ceux qui se représentent ces enfants comme des enfants «  ordinaires  », vivant dans des familles « ordinaires ». Or, cela existe beaucoup plus que l’on pense, et particulièrement lorsqu’il est question de mauvais traitements psychologiques.

Ça vous étonne? Et pourtant, il est possible que dans votre entourage des enfants en soient victimes tous les jours, sans que vous vous en rendiez compte Ces enfants, ce sont entre autres les enfants de la tourmente conjugale, lorsque la violence règne à la maison, que la nuit menace par ses crises et ses cris, que la peur s’installe, que d’interminables conflits déchirent les parents et minent le quotidien des enfants, lorsqu’il devient trop risqué de dire je t’aime sans masque et sans armure et d’être un enfant, tout simplement.

La problématique des mauvais traitements psychologiques, et la menace qu’elle représente pour le développement des enfants ont longtemps été sous-estimées. C’est en 2006 qu’elle se retrouve pour la première fois inscrite, en toutes lettres, dans la Loi sur la protection de la jeunesse. La multitude de recherches et d’enquêtes faites sur le sujet ne laisse plus de doute. Cette problématique est une forme répandue de mauvais traitements envers les enfants et fait d’importants ravages chez ceux qui en sont victimes.

Nous avons choisi cette année de parler de cette problématique pour conscientiser la population à cette réalité, la rendre tangible et la sortir de l’intimité des maisons, pour dénoncer le silence complice qui trop souvent l’accompagne… Nous avons choisi d’en parler avec l’espoir que tous se sentent concernés et comprennent l’importance d’agir pour protéger nos enfants.

Chaque parole et chaque geste maltraitant laissent chez l’enfant une blessure, une empreinte, comme les traces laissées sur une feuille qu’on froisse négligemment. Malgré tous nos efforts pour la déplier et tenter d'y effacer les marques, nous ne pourrons jamais réussir complètement. Nos tout-petits arrivent dans la vie avec une belle feuille vierge, toute lisse. Notre responsabilité : agir ensemble pour la garder intacte, afin que chaque enfant puisse y dessiner une image de lui-même toute en couleurs et en lumières, une image qui lui permettra de garder espoir et de marcher la tête haute vers l’avenir.

Les directeurs de la protection de la jeunesse et les directeurs provinciaux du Québec