Les meilleures pratiques d’intervention dans les situations d’abus physiques

vendredi 5 mai 2017


L’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé et en services sociaux (UETMISSS) du CIUSSS de la Capitale-Nationale vient de publier un nouveau rapport intitulé « Les meilleures pratiques d’intervention auprès des enfants victimes d’abus physique, sans la présence d’autres formes de mauvais traitements, et leur famille, suivis en protection de la jeunesse ». Les résultats de ce travail permettent de dégager différents constats en lien avec les meilleures pratiques pour intervenir dans ces situations. 

Au Québec, l’abus physique (AP) est une réalité préoccupante. Elle constitue l’un des principaux problèmes portés à l’attention des services de protection de l’enfance et le second motif pour lequel un signalement a été retenu dans les centres jeunesse du Québec en 2015-2016 (Gouvernement du Québec, 2016).

De 1998 à 2008, les incidents isolés d’abus physique sont passés de 13 % à 37 %. Plus récemment, des intervenants du Centre jeunesse de Québec ont constaté une augmentation des signalements de parents agressant physiquement leurs enfants sans leur imposer d’autres types de sévices. C’est dans le but d’offrir une intervention optimale dans ces situations spécifiques que la présente évaluation a été demandée.

Les principaux constats de ce rapport :

  • Il existe peu de données probantes concernant des inter­ventions visant spécifiquement les AP sans autres formes de maltraitance.
  • Les interventions de type cognitivo-comportemental entrainent des changements positifs et significatifs, notam­ment chez les parents impliqués dans les AP. Cependant, da­vantage d’études mesurant l’impact d’autres approches sont nécessaires. À ce jour, il subsiste un manque de preuves pour conclure en la supériorité d’une approche en particulier.
  • La poursuite d’études sur le sujet auprès de populations plus grandes et mieux définies, impliquant des interventions de différents types, des méthodes de mesures standardisées et des périodes de suivi suffisamment longues pour éva­luer l’impact des interventions sur la récurrence d’AP est indispensable.
  • Il importe de considérer les particularités liées à l’inter­vention des populations immigrantes et d’adapter les interventions existantes, tout en assurant des partenariats avec des organismes travaillant auprès des communautés culturelles.
  • Sur le plan légal, bien que l’Entente multisectorielle (Gouvernement du Québec, 2001) soit pertinente pour l’in­tervention en AP, elle comporte des difficultés d’application, notamment auprès des minorités culturelles.
  • Peu d’interventions réalisées au Québec sont formalisées et documentées pour les cas d’AP sans cooccurrence. Il est essentiel de répertorier et d’évaluer les initiatives et les pra­tiques innovantes développées par certaines équipes afin de s’en inspirer.

Télécharger le rapport complet : Les meilleures pratiques d’intervention auprès des enfants victimes d’abus physique, sans la présence d’autres formes de mauvais traitements, et leur famille, suivis en protection de la jeunesse.

Infolettre du CIUSSS de la Capitale-Nationale, mai 2017