Santé et environnement

Le trichloroéthylène (TCE)

Le trichloroéthylène à Shannon 

Mise en contexte

Les activités industrielles dans le secteur de Valcartier ont contaminé les sols avec du trichloroéthylène (TCE). Ce produit chimique (solvant) était utilisé pour nettoyer les pièces métalliques. Le TCE qui a été rejeté dans l'environnement a ensuite contaminé l'eau souterraine du secteur de Valcartier à des niveaux considérés inacceptables pour la consommation.

En 2000, la Direction de santé publique (DSP) a été avisée que l'eau potable des puits privés de plusieurs résidences de Shannon contenait des concentrations de TCE qui pouvaient dépasser les normes. La DSP a alors fait toutes les recommandations nécessaires pour réduire l'exposition au TCE en amenant l'eau potable sous le seuil qu'elle jugeait sécuritaire, soit 5 µg/l. Elle a, par exemple, recommandé de ne pas consommer l'eau et de ne pas l'utiliser pour la douche et le bain.

La découverte de TCE à Shannon soulève des inquiétudes. Les conséquences du TCE sur la santé font partie de ces préoccupations. Avec l'aide des experts d'autres organisations, la DSP évalue la situation et cherche des réponses aux préoccupations des citoyens.

Constats

Voici les principaux constats de la DSP sur l'exposition au TCE et la santé des résidants de Shannon :

  • Depuis février 2001, les concentrations de TCE dans l'eau potable sont à des niveaux largement inférieurs à 5 µg/l.
  • Les connaissances acquises sur la présence de TCE dans l'air intérieur de certaines résidences de Shannon montrent que l'exposition représente un risque négligeable pour la santé de la population.
  • Même si, par le passé, des résidants de Shannon ont été exposés à des concentrations de TCE qui dépassaient les normes canadiennes, la probabilité que des cancers aient été causés par cette exposition est jugée faible.
  • Selon les connaissances scientifiques actuelles et les avis des experts consultés, aucun test de laboratoire et aucune étude épidémiologique (en raison de la petite taille de la population et des difficultés à mesurer l'exposition) ne permet de démontrer que les cancers des résidents de Shannon sont causés par le TCE.

Le TCE et les effets sur la santé

Le TCE est un solvant liquide incolore. Il a été utilisé principalement pour le dégraissage des métaux, mais aussi dans le commerce du nettoyage à sec. Les diluants à peinture, les nettoyants ménagers, les matériaux de construction, les correcteurs à papier et d'autres produits domestiques peuvent aussi contenir du TCE. Ce produit peut rester longtemps dans l'environnement.

Les voies d'exposition

Le TCE peut entrer dans l'organisme humain en :

  • Buvant de l'eau potable contaminée
  • Mangeant des aliments contaminés
  • Respirant de l'air contaminé (parce qu'il se transforme en vapeur, le TCE présent dans l'eau (utilisée pour la douche ou le bain) ou dans les produits domestiques peut se retrouver dans l'air)
  • Se douchant ou en prenant un bain, parce qu'il est absorbé par la peau

Les effets sur la santé

Une exposition au TCE de courte durée, mais à des concentrations très élevées (plus de 300 mg/m3 dans l'air), peut entraîner une irritation de la peau, des yeux et des voies respiratoires, et peut aussi causer des nausées, des vertiges, des maux de tête et de la confusion. 

Le Centre international de recherche sur le cancer et l'Organisation mondiale de la Santé considèrent le TCE comme cancérigène probable. Il est possible qu'une exposition chronique (exposition quotidienne pendant toute une vie) à des concentrations faibles de TCE présent dans l'eau, dans l'air ou dans les aliments puisse causer certains types de cancers (rein, foie, lymphomes non hodgkiniens).

Quelques études suggèrent qu'une exposition de la mère au TCE pendant la grossesse pourrait aussi entraîner des malformations chez le nouveau-né (ex. : malformations cardiaques). Cependant, ce risque est encore incertain.

Le rôle et le mandat de la Direction de santé publique (DSP) dans la gestion du risque pour la santé à Shannon

1. La DSP a le mandat d'identifier les situations qui peuvent mettre en danger la santé de la population et d'appliquer des mesures nécessaires pour protéger la santé

En décembre 2000, dès que la DSP a appris que l'eau potable des puits privés de certaines résidences de Shannon était contaminée par le TCE, elle a recommandé de ne pas consommer l'eau et de ne pas l'utiliser pour la douche ou le bain.

Par la suite, la DSP a proposé la distribution d'eau embouteillée et l'installation de filtres au charbon activé à l'eau du robinet. Ces mesures ont été appliquées en collaboration avec la municipalité de Shannon, les citoyens, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs et le ministère de la Défense nationale et Santé Canada. La DSP a aussi suggéré d'utiliser, pour la gestion de cette problématique, un seuil d'intervention pour l'eau potable inférieur à la norme qui était en vigueur au Québec en 2000 (5 µg/l plutôt que 50 µg/l). 

Depuis février 2001, les mesures correctives ont permis de réduire les concentrations de TCE dans l'eau potable à des niveaux largement inférieurs à 5 µg/l.

Les citoyens les plus touchés par la problématique ont été rencontrés par la DSP. Celle-ci a participé aux rencontres publiques d'information, en plus de demeurer en contact permanent avec le conseil municipal de Shannon, les citoyens et le Regroupement des citoyens de Shannon pour assurer le suivi de la situation. 

La DSP a aussi collaboré à l'étude visant à évaluer l'intrusion potentielle de vapeurs de TCE dans l'air intérieur des résidences. La nécessité d'évaluer ce type d'exposition avait été soulevée par l'Institut national de santé publique du Québec à la suite de son analyse des documents portant sur la présence de trichloréthylène dans les eaux souterraines de la région de Valcartier. 

Les évaluations du risque pour la santé réalisées par la DSP et ses partenaires sont basées sur les connaissances scientifiques actuellement disponibles. Elles utilisent les concepts et les principes d'épidémiologie, de toxicologie et de statistique reconnus par la communauté scientifique.

2. La DSP a le mandat d'identifier les situations où une collaboration avec les autres organisations est nécessaire pour prévenir les maladies ou les problèmes sociaux ayant un impact sur la santé de la population

La situation à Valcartier et à Shannon est complexe, en raison de la contamination de la nappe d'eau souterraine par le TCE. Pour bien comprendre la problématique et ainsi mieux évaluer l'impact sur la santé de la population touchée, la DSP a dû collaborer avec plusieurs organisations, dont les municipalités (Shannon et Québec), l'Institut national de santé publique du Québec, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, le ministère de la Défense nationale, Santé Canada, etc. 

Mentionnons aussi que, dès la découverte des puits contaminés à Shannon, des professionnels de la santé (infirmières, médecins, psychologues) ont été formés pour répondre aux inquiétudes de la population. Sur demande, la DSP soutient les intervenants du Centre de santé et des services sociaux couvrant le secteur Valcartier (CSSS de Québec-Nord) dans leur travail. La DSP répond aussi aux demandes des citoyens en lien avec la problématique du TCE, de même qu'à leurs représentants.

3. La DSP a le mandat d'informer la population de l'état de santé général des individus qui la composent

La DSP a le mandat de produire un portrait de santé de la population dans la région de la Capitale-Nationale. Ce portrait permet, entre autres, de faire la surveillance des cancers et de certaines maladies chroniques pour chacun des territoires de CLSC de la région.

De plus, la DSP, en collaboration avec l'Institut national de santé publique du Québec, effectue une analyse spécifique des cancers à Shannon à partir du 

Fichier des tumeurs du Québec. Cette analyse permet de vérifier si les cancers sont plus fréquents dans la population de Shannon qu'ailleurs au Québec. Les analyses effectuées par l'Institut national de santé publique du Québec pour l'ensemble des cancers recensés dans la population de Shannon ne permettent pas de conclure qu'il s'y trouve plus de cancers qu'au sein de la population du Québec.

Plusieurs personnes touchées par la contamination ont suggéré de faire des études pour savoir si les cancers à Shannon étaient directement causés par le TCE. Or, les experts de l'Institut national de santé publique du Québec ont confirmé les dires de la DSP voulant que de telles études présentent d'importantes limites en raison, notamment, des incertitudes entourant l'exposition passée des citoyens de Shannon et de la faible taille de la population la plus touchée par la contamination au TCE. 

Par ailleurs, la DSP a demandé à la Cour, en juillet 2011, d'avoir accès aux données recueillies par les citoyens sur les cancers. Ces documents ont été déposés par le recours collectif des citoyens de Shannon dans le cadre du procès intenté contre le ministère de la Défense nationale. Les données recensées aideront la DSP d'identifier des cancers dont l'incidence ou les caractéristiques font état d'un problème particulier à Shannon. Cette enquête, appelée étude d'agrégat, permettra de mieux informer la population sur la question.

L'Institut national de santé publique du Québec a aussi jugé que les méthodes de dépistage pathologique étaient actuellement inefficaces pour voir si des dommages génétiques chez les citoyens de Shannon ont pu être causés par une exposition au TCE.

Les avis de santé et les évaluations préparés par la Direction de santé publique et l'Institut national de santé publique du Québec

Pertinence et faisabilité d'une étude épidémiologique

Après la découverte du TCE dans les puits de Shannon, il a été demandé à la DSP de réaliser une étude épidémiologique qui permettrait d'évaluer le lien entre l'exposition au TCE et les problèmes de santé chez les citoyens de Shannon, notamment les cancers. La DSP avait alors répondu qu'une étude épidémiologique n'était pas réalisable dans le contexte de la problématique de Shannon. Néanmoins, elle a demandé à l'Institut national de santé publique du Québec de se prononcer sur la Pertinence et la faisabilité d'une étude épidémiologique visant à évaluer les effets nocifs de la contamination du réseau d'eau potable par du trichloroéthylène (TCE) dans la municipalité de Shannon.

En septembre 2005, l'Institut national de santé publique du Québec concluait qu'une étude épidémiologique chez la population de Shannon ne permettrait pas d'établir s'il y a présence ou absence d'un effet nocif causé par le TCE. Les experts consultés donnent comme raison qu'il est impossible de connaître quelles étaient les concentrations de TCE dans l'eau des puits de Shannon avant 2000. Il est aussi difficile de savoir depuis combien de temps l'eau est contaminée (durée de l'exposition antérieure). De plus, la petite taille de la population qui a été exposée au TCE entraîne des difficultés d'interprétation. 

En 2010, l'Institut national de santé publique du Québec a effectué une mise à jour de son premier avis élaboré en 2005. Les experts ont maintenu leur position, étant donné l'absence d'information nouvelle et pertinente concernant le TCE et ses effets sur la santé ainsi que sur l'exposition de la population de Shannon au TCE.

Évaluation de l'état de santé de la population de Shannon

Depuis les événements de 2000-2001 à Shannon, la DSP, avec l'aide de l'Institut national de santé publique du Québec, a réalisé trois analyses pour évaluer si les cancers sont plus nombreux à Shannon qu'ailleurs au Québec. Ces analyses ont été effectuées en utilisant les données du Fichier des tumeurs du Québec.

Cette évaluation de l'état de santé de la population s'est réalisée en portant une attention particulière aux cancers qui, selon les connaissances scientifiques, sont potentiellement associés au TCE. Lorsqu'il semble y avoir un excès de cas pour un type de cancer donné, une évaluation approfondie des dossiers médicaux des personnes concernées est faite dans le but d'identifier la cause du cancer et aussi de voir s'il est possible de faire un lien avec une exposition au TCE. 

Les analyses effectuées par l'Institut national de santé publique du Québec pour l'ensemble des cancers recensés dans la population de Shannon ne permettent pas de conclure qu'il s'y trouve plus de cancers, en comparaison avec la population du Québec. Cependant, pour deux types de cancers, le foie et le myélome multiple, le nombre observé à Shannon est significativement plus élevé que celui attendu, comparativement à la population du Québec. Toutefois, après l'analyse de chacun des cas de ces deux types de cancers (diagnostic, temps d'exposition, localisation, etc.), il apparaît actuellement impossible de conclure à un problème particulier à Shannon.

Cette surveillance de l'état de santé de la population de Shannon est réalisée selon les concepts et les principes de statistique et d'épidémiologie reconnus, et en utilisant les fichiers administratifs disponibles. La DSP demeure néanmoins prudente dans l'interprétation des données tirées du Fichier des tumeurs du Québec. En effet, le nombre de cancers pour chacun des types étant relativement petit chez la population de Shannon, cela limite l'interprétation de ces données, ce qui pourrait entraîner une sous ou une surévaluation du risque.

Des études réalisées sur le territoire de Shannon par des personnes externes à la santé publique ont suggéré qu'il y avait une association directe entre la survenue de certains cancers à Shannon et l'exposition au TCE. L'Institut national de santé publique du Québec a cependant jugé qu'en raison de la méthodologie utilisée dans ces études, il n'était pas possible de conclure que les cancers étaient reliés au TCE.

Étude sur l'intrusion potentielle de vapeurs de trichloroéthylène dans l'air intérieur des bâtiments du secteur Valcartier

La présence d'eau souterraine contaminée par le TCE peut libérer des vapeurs pouvant s'infiltrer dans les sous-sols perméables des maisons et affecter l'air intérieur. Le ministère de la Défense nationale a évalué l'intrusion potentielle de vapeurs de TCE dans l'air intérieur de certaines résidences de Shannon et de Québec (secteur Val-Bélair). Cette étude a été menée en collaboration avec Santé Canada et la RSP. Les analyses effectuées au cours des années 2007 et 2008 ont révélé la présence de TCE dans l'air intérieur de quelques résidences, mais à des concentrations inférieures à la valeur-guide de Santé Canada de 5 µg/m3. Les concentrations mesurées dans ces résidences étaient comparables à celles retrouvées dans des résidences de secteur non contaminé par le TCE, dans le cadre d'études menées ailleurs au Québec et au Canada. Il faut savoir que l'entreposage de produits domestiques et la présence de certains types de matériaux peuvent libérer du TCE dans l'air d'une résidence. La DSP considère qu'une exposition aux concentrations de TCE telles que mesurées dans l'air intérieur des résidences échantillonnées ne représente pas de risque supplémentaire pour la santé. À noter que les valeurs-guides sont établies dans le but de protéger la population, en particulier les personnes les plus vulnérables (enfants, femmes enceintes, personnes âgées, personnes malades) pour une exposition continue (24 heures par jour, sept jours par semaine, pendant toute une vie).

Les résultats de cette étude ont été diffusés à la population et les participants à l'étude ont pu assister à une séance d'information sur les concentrations obtenues dans leur maison.

La DSP continue de suivre la situation à Shannon. Elle a d'ailleurs pris connaissance des résultats de la caractérisation de l'air intérieur réalisée pour le compte du Regroupement des citoyens de Shannon qui montraient quelques concentrations supérieures à la valeur-guide. La DSP a statué sur le niveau de risque en lien avec ces résultats et communiqué son analyse auprès des citoyens qui ont sollicité son avis. 

Les méthodes d'analyse génétique

La DSP a demandé à l'Institut national de santé publique du Québec de donner son avis sur la validité des méthodes d'analyse génétique développées par le laboratoire Redpath Integrated Pathology. La DSP désirait savoir si le TCE entraîne un dommage génétique spécifique pouvant causer un cancer et si ce dommage peut être dépisté par un test de laboratoire.

Les experts de l'Institut national de santé publique du Québec ne recommandent pas l'utilisation de ces tests dans le but de détecter des cas de cancer qui seraient dus à la consommation d'eau contaminée au TCE chez les résidants de Shannon. Selon ces derniers, ces tests ne sont pas spécifiques, c'est-à-dire que les mêmes dommages peuvent être observés chez des personnes non exposées au TCE. De plus, ces tests n'ont toujours pas été validés par la communauté scientifique. 

Analyse des documents portant sur la présence de trichloroéthylène dans les eaux souterraines de la région de Valcartier

En 2003, la DSP a demandé aux experts de l'Institut national de santé publique du Québec de commenter l'évaluation du risque toxicologique réalisée par la firme de consultants SANEXEN, ainsi que deux autres documents de consultants indépendants. Ces études ont été réalisées pour estimer l'exposition au TCE et le risque que cette exposition représente pour la santé de la population du territoire du secteur Valcartier.

Les experts de l'Institut national de santé publique du Québec ont conclu que, dans l'ensemble, la méthodologie utilisée par SANEXEN était conforme aux normes en matière d'évaluation du risque. Néanmoins, ils jugent que les résultats et les conclusions doivent être interprétés avec prudence.

Questions – réponses : le TCE et la santé de la population de Shannon

1. Depuis quand la Direction de santé publique (DSP) de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale sait-elle que la nappe d'eau souterraine à Valcartier est contaminée par le TCE?

Depuis novembre 1998, la DSP s'implique dans le dossier de la contamination par le TCE de la nappe d'eau souterraine à Valcartier. Elle a d'abord été informée des dépassements de la norme québécoise alors en vigueur pour le TCE (50 µg/l) dans l'eau du réseau d'aqueduc alimentant la base militaire de Valcartier. La DSP a préparé un avis concernant le risque pour la santé associé à la consommation de cette eau. Depuis, elle participe aux rencontres de gestion des eaux souterraines sous la base militaire de Valcartier. C'est deux ans plus tard, en décembre 2000, que la DSP apprend que la contamination de la nappe d'eau souterraine affecte certains puits privés de résidences à Shannon. La DSP a alors fait toutes les recommandations nécessaires pour réduire l'exposition au TCE, par le biais de l'eau potable, sous le seuil qu'elle jugeait sécuritaire, soit 5 µg/l. Elle a, par exemple, recommandé de ne pas consommer l'eau et de ne pas l'utiliser pour la douche et le bain.

2. Est-ce qu'une étude épidémiologique pourrait permettre de déterminer si le TCE a causé plus de cancers à Shannon?

En 2005, l'Institut national de santé publique du Québec concluait, comme le pensait la DSP, qu'une étude concernant la santé des personnes potentiellement exposées au TCE dans la municipalité de Shannon ne permettrait pas d'établir avec certitude la présence ou l'absence d'un effet nocif causé par le TCE. Quelques-uns des arguments évoqués sont :

  • Il est difficile d'évaluer le niveau et la durée de l'exposition antérieure dans la population de Shannon
  • L'interprétation des analyses statistiques est limitée par la faible taille de la population exposée

Une mise à jour de cet avis a été réalisée en 2010. Les conclusions sont demeurées les mêmes.

3. Est-il possible que je sois malade ou que je le devienne un jour à cause de mon exposition au TCE dans le passé?

Certaines études ont montré qu'une longue exposition au TCE pouvait causer des cancers, notamment ceux touchant le rein, le foie et les lymphomes. Les connaissances scientifiques actuelles suggèrent toutefois que, même lorsque l'exposition au TCE est très élevée, la probabilité de développer un cancer demeure faible. Des études suggèrent qu'une exposition de la mère au TCE pourrait entraîner un risque de malformations chez le nouveau-né. Il n'existe pas de test de laboratoire reconnu scientifiquement pour détecter les cancers ou d'autres maladies causés par le TCE. 

Notons finalement que des facteurs de risque autres que l'exposition au TCE peuvent causer des cancers comme, par exemple, le tabagisme, la consommation d'alcool, l'hérédité, l'alimentation, l'inactivité physique, etc.

4. Comment les valeurs-guides pour le TCE me protègent-elles?

Ces valeurs-guides sont établies de façon à protéger les populations vulnérables (enfants, femmes enceintes, personnes âgées ou malades) contre les éventuels effets cancérigènes et non cancérigènes du TCE.

À partir d'une étude réalisée chez les animaux, une dose sans effet sur la santé animale a été mesurée. Cette dose a été divisée par un facteur de sécurité pour tenir compte d'une exposition chronique chez l'humain et en particulier chez les populations plus vulnérables. C'est ainsi que Santé Canada a calculé les valeurs-guides pour le TCE à 5 µg/l pour l'eau potable et à 5 µg/m3 pour l'air intérieur. Elles tiennent aussi compte de toutes les sources d'exposition au TCE : eau, air, aliments.

La valeur guide pour le TCE dans l'eau potable signifie que dans une population de 1 000 000 d'habitants qui consommeraient 1,5 litre d'eau contaminée par du TCE à 5 µg/l à tous les jours pendant 70 ans, il y aurait moins d'un cas de cancer causé directement par le TCE. Ce risque est considéré comme acceptable par les organismes de santé comme Santé Canada, l'Organisation mondiale de la Santé, l'Agence de protection environnementale des États-Unis.

5. Comment puis-je savoir si je suis malade à cause du TCE?

Il n'existe aucun test de laboratoire reconnu par la communauté scientifique pour faire le dépistage individuel d'une exposition au TCE dans le passé ni pour déterminer si un cancer ou une autre maladie a été causé par une exposition au TCE dans le passé.

6. Est-ce que l'eau qui est actuellement distribuée par le réseau de la Garnison Valcartier présente encore des risques pour la santé?

L'eau du réseau d'aqueduc de la Garnison Valcartier est analysée chaque mois pour la détection du TCE. Le réseau se conforme ainsi aux exigences du Règlement provincial sur la qualité de l'eau potable. Les concentrations de TCE qui y sont parfois détectées sont largement inférieures à la norme de 5 µg/l. L'eau du réseau est donc considérée comme sécuritaire pour la santé.

7. Si je pense avoir été exposé au TCE à Valcartier, qui peut répondre à mes questions concernant la santé?

Pour les employés civils ayant travaillé ou travaillant sur le territoire du ministère de la Défense nationale, y compris les employés de Recherche et développement pour la défense Canada, vous pouvez contacter Santé Canada au  1 800 561-3350. 

Pour les familles et les civils ayant habité ou habitant les logements familiaux de la Garnison Valcartier, vous pouvez contacter la DSP au 418 666-7000 poste 514. 

Pour les militaires ayant habité ou travaillé sur le territoire du ministère de la Défense nationale, veuillez contacter la clinique de votre base ou le médecin-chef de votre secteur.

Pour les autres personnes (travailleurs d'autres organisations que le ministère de la Défense nationale, consultants, etc.) ayant travaillé sur le territoire du ministère de la Défense nationale, vous pouvez contacter la DSP au 418 666-7000 (équipe Santé au travail) ou Santé Canada au 1 800 561-3350. Les travailleurs peuvent aussi contacter la CSST afin de connaître les recours auxquels ils ont droit.