Constats - Guides cliniques

Troubles psychotiques

Manifestations ou sous-catégories pouvant aider à préciser le constat

  • Idées délirantes;
  • Hallucinations;
  • Désorganisation;
  • Risque de rechute

Rappel théorique

Troubles psychotiques

La psychose est un trouble du cerveau qui amène une altération du contact avec la réalité. Les troubles psychotiques perturbent la manière dont on pense, agit, voit, écoute et sent. Ils sont caractérisés par une perte d’identité et un repli sur soi qui altèrent la personnalité dans son ensemble.

Les manifestations en lien avec les troubles psychotiques peuvent survenir dans plusieurs problèmes de santé mentale. Par exemple, chez certaines personnes présentant de la schizophrénie, des troubles anxieux, des troubles de l’humeur et une déficience intellectuelle. Ils peuvent parfois engendrer des comportements suicidaires ou bizarres.

Symptômes positifs et négatifs

Dans la schizophrénie, on parle plus souvent de symptômes positifs et négatifs. Les troubles psychotiques réfèrent essentiellement aux symptômes positifs qui se définissent comme un excès ou une distorsion touchant les fonctions normales. Les symptômes négatifs correspondent pour leur part à une diminution ou une perte des fonctions normales (Townsend, 2004). Ils incluent notamment l’indifférence affective, l’alogie, l’avolition, l’apathie, l’anhédonie et l’isolement social.

Idées délirantes

Les idées délirantes sont des convictions erronées fondées sur une déduction incorrecte concernant la réalité extérieure et qui persistent en dépit des preuves manifestes de leur fausseté ou de leur caractère irrationnel. Les idées délirantes peuvent susciter de l’angoisse, de la toute-puissance, de la persécution, du contrôle ou un sentiment d’être contrôlé.

Hallucinations

Les hallucinations sont de fausses perceptions sensorielles (auditives, visuelles, olfactives, gustatives et tactiles) en l’absence de stimuli externes.

Désorganisation

La désorganisation se manifeste par un discours désorganisé avec un langage incompréhensible, des associations d’idées décousues, une pensée illogique, de la logorrhée et de la distractibilité. On peut aussi observer une désorganisation du comportement ou de la catatonie.

Risque de rechute

Il est important de bien comprendre que les personnes ayant présenté des troubles psychotiques sont à risque de rechute. Pour prévenir celle-ci, la personne et ses proches doivent être en mesure de reconnaître les signes précurseurs, d’identifier les interventions efficaces et de les mettre en place rapidement.

Interventions pouvant faire l’objet de directives infirmières

  • Procéder à un Examen de l’état mental (préciser fréquence);
  • Évaluer la sévérité des symptômes positifs et négatifs à l’aide du PANSS - Positive And Negative Syndrome Scale (préciser fréquence);
  • Rapporter la présence de signes et symptômes psychotiques : agitation, méfiance, parle seul, peur, retrait, etc.;
  • Vérifier la présence d’hallucination en questionnant directement;
  • Explorer avec la personne ses croyances face aux hallucinations;
  • Identifier les situations susceptibles de provoquer l’apparition des symptômes (observation, échange avec la personne ou ses proches);
  • Écouter attentivement les préoccupations;
  • Intervenir de façon brève dans un langage clair;
  • Expliquer la réalité sans chercher à convaincre;
  • Éviter de raisonner la personne ou de discuter inutilement;
  • Reconnaître les sentiments vécus (angoisse, peur), valider sa souffrance, ne pas nier ce qu’elle vit;
  • Procurer un environnement calme;
  • Offrir une présence rassurante;
  • Utiliser la diversion;
  • Orienter vers des activités concrètes : AVQ, AVD, activités récréatives, etc.;
  • Expliquer l’importance de la prise régulière de la médication;
  • Surveiller la prise des médicaments;
  • Administrer la médication PRN (spécifier les symptômes et/ou les circonstances particulières);
  • Proposer de venir voir un membre du personnel lorsque se sent plus préoccupé;
  • Enseigner des moyens pour éviter de se laisser envahir par les hallucinations :
    • Écouter de la musique;
    • Participer à des activités divertissantes;
    • Faire de la lecture;
    • Ordonner à ses voix de partir;
    • Voir des amis;
    • Méditer;
    • Faire de la relaxation.
  • Encourager la reconnaissance des facteurs de stress qui contribuent à augmenter son anxiété;
  • Favoriser l’identification des situations de stress qui précèdent l’apparition des symptômes;
  • Renforcer l’autocritique et les perceptions réalistes;
  • Faire de l’enseignement sur la maladie et les symptômes à l’aide du dépliant - Les troubles psychotiques;
  • Faire de l’enseignement sur La prévention des rechutes;
  • Référer la famille et les proches à un organisme tel que la Société québécoise de la schizophrénie.

Références bibliographiques

Townsend, Mary, C., (2004) Soins infirmiers psychiatrie et santé mentale, Éditions du Renouveau pédagogique inc., Saint-Laurent (Québec), chapitre 17, p.310-334.


Lawrence, F., & Simoneau, I., (2003) Guide de stage Soins infirmiers Santé Mentale et psychiatrie, Groupe Beauchemin éditeur ltée, Laval (Québec), p. 55 à 61.


Gagnon et al., (2001) Démystifier les maladies mentales les troubles de l’enfance et de l’adolescence, Gaétan Morin éditeur, Boucherville (Québec), chapitre 13, p.297.


Llorca, P-M., (2006) Dialogue médecin-malade : Mieux connaître la schizophrénie, Éditions John Libbey Eurotext, France, 59 pages.


American Psychiatric Association, (2000) Mini DSM-IV-TR. Critères diagnostiques, Washington DC,. Traduction française par J.-D. Guelfi et al., Masson, Paris, 2004, 384 pages.