Constats - Guides cliniques

Troubles de l'humeur : épisode maniaque

Manifestations ou sous-catégories pouvant aider à préciser le constat

  • Euphorie;
  • Fuite des idées;
  • Distractibilité;
  • Accélération psychomotrice;
  • Idées grandioses;
  • Comportement excessif;
  • Désorganisation.

Rappel théorique

Troubles de l’humeur

Selon Fortinash et Holoday-Worret (2003), l’humeur est définie comme l’état émotionnel qui est signalé par la personne et qui peut varier en fonction de changements externes et internes.

Les troubles de l’humeur se définissent comme une perturbation de l’humeur, soit un état maniaque ou un syndrome dépressif qui ne peut être attribué à un autre trouble. Ils sont classifiés en fonction du cycle d’épisodes vécus dans le temps et du tableau clinique au cours de chaque épisode.

Épisode maniaque

L’état maniaque survient lorsque l’humeur est exagérément exaltée, expansive ou irritable. L’activité motrice est excessive et frénétique; des éléments psychotiques peuvent être présents. La perturbation est suffisamment grave pour causer une altération marquée du fonctionnement professionnel, des activités sociales ou des relations interpersonnelles.

Par ailleurs, l’hypomanie correspond à un degré quelque peu atténué de cet état clinique. Toutefois, celui-ci n’est pas assez sévère pour modifier le fonctionnement de la personne comme dans l’état maniaque.

Critères diagnostic du DSM-IV pour la manie

  • Une période nettement délimitée durant laquelle l’humeur est élevée, expansive ou irritable de façon anormale et persistante, pendant au moins une semaine (ou toute autre durée si une hospitalisation est nécessaire);
  • Au cours de cette période de perturbation de l’humeur, au moins 3 des symptômes suivants (4 si l’humeur est seulement irritable) ont persisté avec une intensité suffisante :
    • Augmentation de l’estime de soi ou idées de grandeur;
    • Réduction du besoin de sommeil (p. ex., le sujet se sent reposé après seulement 3 heures de sommeil);
    • Plus grande communicabilité que d’habitude ou désir de parler constamment;
    • Fuite des idées ou sensations subjectives que les pensées défilent;
    • Distractibilité (p. ex., l’attention est trop facilement attirée par des stimuli extérieurs sans importance ou insignifiants);
    • Augmentation de l’activité orientée vers un but (social, professionnel, scolaire ou sexuel) ou agitation psychomotrice;
    • Engagement excessif dans des activités agréables mais à potentiel élevé de conséquences dommageables (p. ex., la personne se lance sans retenue dans des achats inconsidérés, des conduites sexuelles inconséquentes ou des investissements commerciaux déraisonnables).
  • Les symptômes ne répondent pas aux critères d’un épisode mixte [...];
  • La perturbation de l’humeur est suffisamment sévère pour entraîner une altération marquée du fonctionnement professionnel, des activités sociales ou des relations interpersonnelles, ou pour nécessiter l’hospitalisation afin de prévenir des conséquences dommageables pour le sujet ou pour autrui, ou bien il existe des caractéristiques psychotiques;
  • Les symptômes ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d’une substance (p. ex., substance donnant lieu à un abus, médicament ou autre traitement) ou d’une affection médicale générale (p. ex., hyperthyroïdie). (Townsend, 2004, p. 343)

Interventions pouvant faire l’objet de directives infirmières

  • Évaluer l’humeur avec l’Échelle d’évaluation de la manie de Young (préciser fréquence);
  • Assurer un encadrement : limites claires, raisons, conséquences;
  • Donner des consignes claires, concises et fermes pour toutes les activités;
  • Diminuer les influences stimulantes, excitantes, bruyantes et perturbatrices;
  • Diriger vers des occupations concrètes à travers les activités de la vie quotidienne (préciser);
  • Proposer des périodes de repos dans une pièce tranquille;
  • Offrir des périodes de rencontres fixes (préciser durée et fréquence);
  • Offrir des activités physiques pour canaliser l’énergie;
  • Éviter l’argumentation et la confrontation;
  • Faire de l’enseignement à l’aide du dépliant sur Le trouble bipolaire;
  • Faire de l’enseignement sur La prévention des rechutes;
  • Faire de l’enseignement sur la gestion des signes précurseurs de rechute (préciser ses signes personnels);
  • Encourager l’utilisation du Journal – Suivi de mon humeur;
  • Renforcer positivement les efforts;
  • Aviser l’infirmière si comportement dérangeant (préciser);
  • Administrer médication au besoin (PRN) (préciser symptômes particuliers);
  • Appliquer les mesures de contrôle (préciser les circonstances d’utilisation);
  • Référer vers une ressource d’aide de la communauté.

Références bibliographiques

Fortinash, K. M., et Holoday-Worret, P.A.,  (2003) Soins infirmiers en santé mentale et psychiatrie,  Beauchemin, Montréal, 667 pages

Cook, J.S., et Lafontaine, K. L., (1991) Soins infirmiers : Psychiatrie et santé mentale. Éditions du Renouveau Pédagogique Inc., Ottawa, 787 pages.

American Psychiatric Association. MINI DSM-IV. Critères diagnostiques (Washington DC,1994). Traduction française par J.-D. Guelfi et al., Masson, Paris, 1996, 384 pages.

Townsend, Mary, C., (2004) Soins infirmiers psychiatrie et santé mentale, chapitre 17 et 18, p. 310-376.