Constats - Guides cliniques

Troubles de l’humeur : épisode dépressif

Manifestations ou sous-catégories pouvant aider à préciser le constat

  • Tristesse;
  • Anhédonie;
  • Fatigue ou perte d’énergie;
  • Perte ou gain de poids marqué;
  • Insomnie ou hypersomnie;
  • Perte de concentration;
  • Isolement;
  • Dévalorisation / culpabilité

Rappel théorique

Troubles de l’humeur

Selon Fortinash et Holoday-Worret (2003), l’humeur est définie comme l’état émotionnel qui est signalé par la personne et qui peut varier en fonction de changements externes et internes. 
Les troubles de l’humeur se définissent comme une perturbation de l’humeur, soit un état maniaque ou un syndrome dépressif qui ne peut être attribué à un autre trouble. Ils sont classifiés en fonction du cycle d’épisodes vécus dans le temps et du tableau clinique au cours de chaque épisode.

Épisode dépressif

Les critères de l’épisode dépressif majeur selon le DSM-IV (tiré du livre Soins infirmiers : Santé mentale et psychiatrie, encadré 10.3, p. 209) sont présentés ci-dessous.

  • Cinq (ou plus) des symptômes suivants ont été présents pendant deux semaines successives et représentent un changement par rapport au fonctionnement précédent. L’un des symptômes doit être une humeur dépressive, soit une perte d’intérêt ou de plaisir.

Note : ne pas inclure les symptômes clairement dus à un état pathologique, à des idées délirantes ou à des hallucinations non congruentes avec l’humeur.

    • Humeur dépressive la plus grande partie de la journée, presque tous les jours, selon une déclaration subjective (p. ex. le client dit se sentir triste ou vide) ou les observations faites par les autres (p. ex. il pleure);
    • Diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir pour toutes ou presque toutes les activités pendant la majeure partie de la journée, presque tous les jours (selon une déclaration subjective ou les observations des autres);
    • Perte de poids sans régime ou gain de poids important (changement de plus de 5 % du poids corporel en un mois), ou diminution ou augmentation de l’appétit presque chaque jour.

Note : évaluer l’échec à faire prendre du poids aux enfants.

    • Insomnie ou hypersomnie presque chaque jour;
    • Agitation ou ralentissement psychomoteur presque tous les jours (observable par les autres, pas seulement des sentiments subjectifs d’agitation ou de lenteur).;
    • Fatigue ou perte d’énergie presque tous les jours;
    • Sentiment d’être sans valeur ou culpabilité excessive ou inappropriée (qui peut être délirante) presque tous les jours (pas seulement se blâmer ou se sentir coupable à cause de la maladie);
    • Diminution de la capacité à penser ou à se concentrer, ou indécision presque tous les jours (selon une déclaration subjective ou l’observation des autres);
    • Pensées récurrentes de mort (pas juste la peur de mourir), idées de suicide récurrentes sans plan spécifique, ou tentative de suicide ou plan spécifique pour commettre un suicide.
  • Les symptômes ne correspondent pas aux critères d’un épisode mixte;
  • Les symptômes causent d’importants signes cliniques de détresse ou un dysfonctionnement social, professionnel ou autre;
  • Les symptômes ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d’une substance quelconque (p. ex. une drogue, un médicament) ou à un état pathologique général (p. ex. hypothyroïdie);
  • Le deuil n’explique pas davantage les symptômes (p. ex. après la perte d’un être cher, les symptômes persistent pendant plus de deux mois ou sont caractérisés par un dysfonctionnement marqué, une préoccupation morbide de son manque de valeur, des idées de suicide, des symptômes psychotiques ou un ralentissement psychomoteur).

Interventions pouvant faire l’objet de directives infirmières

  • Évaluer l’humeur à l’aide d’une échelle standardisée (préciser fréquence) :
  • Aider à identifier et à partager ses sentiments (préciser);
  • Communiquer des options claires et concises pour diminuer l’ambivalence;
  • Renforcer les prises de décision;
  • Établir un horaire d’activités et de repos (préciser);
  • Fixer des limites aux demandes irrationnelles;
  • Soutenir un processus de Résolution de problèmes;
  • Appliquer des interventions inspirées de l’approche cognitive comportementale :
    • Aider à identifier ses pensées automatiques;
    • Aider à identifier le lien existant entre sa manière d’interpréter les situations, son état émotionnel et son comportement;
    • Aider à reconnaître la présence de distorsions cognitives (pensées négatives) et leur impact sur le vécu émotif et sur l’estime de soi;
    • Dédramatiser les situations;
    • Aider à corriger les perceptions erronées.
  • Aider la personne à se centrer sur les choses sur lesquelles elle a du pouvoir;
  • Aider à regarder l’avenir en se concentrant sur les aspects positifs;
  • Aider à se fixer des objectifs quotidiens réalistes;
  • Stimuler à effectuer ses activités de la vie quotidienne (AVQ);
  • Encourager graduellement l’activité physique et de groupe;
  • Dispenser de l’enseignement sur La dépression;
  • Dispenser de l’enseignement sur La prévention des rechutes;
  • Encourager l’utilisation du Journal – Suivi de mon humeur;
  • Évaluer le risque suicidaire.

Références bibliographiques

Fortinash, K. M., et Holoday-Worret, P.A., Soins infirmiers en santé mentale et psychiatrie, Grilles Beck. Beauchemin, Montréal, c2003, chapitre10, p. 198-233.

Cook, J.S., et Lafontaine, K. L., Soins infirmiers : Psychiatrie et santé mentale. Éditions du Renouveau Pédagogique Inc., Ottawa, c1991, 787 pages. 

American Psychiatric Association. MINI DSM-IV. Critères diagnostiques (Washington DC, 1994). Traduction française par J.-D. Guelfi et al., Masson, Paris, c1996, 384 pages.