Constats - Guides cliniques

Comportements inadaptés

Principales manifestations ou sous-catégories

Rappel théorique

Ce constat regroupe des problématiques faisant état d’une façon inadaptée de réagir à un stresseur ayant un impact sur les relations interpersonnelles. Ces problématiques font appel aux mêmes types d’intervention soit l’analyse de comportement, l’encadrement, les techniques de renforcement et la réparation. On retrouve souvent ces problématiques en pédopsychiatrie, dans le trouble mental sévère et persistant, chez la clientèle présentant une déficience intellectuelle et chez les personnes souffrant d’un trouble de la personnalité. Les comportements perturbateurs associés à un déficit cognitif chez la personne âgée sont traités dans le guide clinique intitulé Symptômes psychologiques et comportementaux de la démence. 

Trouble des conduites

Selon Gagnon (2001), «le trouble des conduites est une perturbation complexe déterminée pas de nombreux facteurs chez des enfants, leur famille et la communauté où ils vivent. Il s’agit d’un problème persistant et fréquent chez les enfants ainsi que chez les adolescents. Dans le DSM-IV […], le trouble des conduites est défini par la présence de comportements où il y a un certain mépris pour la propriété d’autrui, les droits et les sentiments des autres pendant au moins six mois. Environ la moitié des enfants et des adolescents atteints d’un trouble des conduites deviendront des adultes que l’on pourra associer à la personnalité antisociale».  

Trouble du comportement

Chez la clientèle déficiente intellectuelle, le trouble du comportement (TC) se définit comme une action ou ensemble d'actions jugé problématique en raison de leur écart avec les normes sociales, culturelles ou développementales, et préjudiciable à la personne ou à son environnement social ou physique. L’expression trouble grave du comportement (TGC) réfère au comportement qui met en danger, réellement ou potentiellement, l’intégrité physique ou psychologique de la personne, d’autrui ou de l’environnement ou encore lorsqu’il compromet sa liberté, son intégration ou ses liens sociaux (Tassé, et al. 2010).  

Automutilation

L’automutilation fait référence à des actes délibérés entrainant des blessures et qui peut prendre plusieurs formes : se couper la peau, se bruler, se donner des coups, s’égratigner, interférer avec la cicatrisation des plaies, tirer les cheveux (tricholomanie) et s’insérer des objets dans le corps. Les personnes qui s’automutilent recherchent souvent un soulagement à leurs douleurs psychologiques, aux tensions insoutenables qu’elles vivent, à la solitude, à la dépression, à la colère, à l’absence de sentiment ou à l’engourdissement. Elles sont incapables d’exprimer leurs sentiments plus efficacement ou n’ont pas appris à le faire.

Chez les jeunes, les coupures représentent la forme la plus commune d’automutilation (Association canadienne de la santé mentale).  

Comportement dommageable ou autodestructeur

Townsend décrit ce comportement dans le trouble de personnalité limite comme une réaction au sentiment d’abandon provoqué par la séparation d’une personne significative. Dans le but de contrer le sentiment d’irréalité, certaines personnes se tourneront vers l’automutilation afin de transformer la souffrance psychologique en quelque chose de palpable, soit la douleur. Cette souffrance confirme leur existence. D’autres poseront des gestes agressifs envers autrui ou leur environnement. Certains auront des comportements de nature impulsive tels que : dépenses excessives, consommation de substances addictives, ingestion d’une grande quantité de nourriture, fugue, jeu, mœurs débridées, conduite dangereuse, propension à la bagarre.  

Principes fondamentaux à se rappeler lorsqu’on intervient auprès de cette clientèle

Il est essentiel de déterminer un cadre thérapeutique comprenant les comportements attendus, les engagements de l’équipe ainsi que les conséquences lors du non-respect du cadre. De plus, tous les membres de l’équipe de soins se doivent : de connaitre ce cadre afin de donner des consignes claires et directes; d’éviter de renforcer positivement les comportements inadaptés; de donner de la rétroaction positive et souligner les efforts; et surtout d’être constant dans l’application des conséquences pour la personne. Il est donc nécessaire de discuter régulièrement en équipe des difficultés rencontrées lors de l’application de ce cadre.

Intervention pouvant faire l'objet de directives infirmières

  • Documenter la fréquence et la durée des comportements à l'aide du Diagramme de dispersion des comportements ciblés (préciser la durée);
  • Remplir la Grille d'observation clinique du comportement qui inclut la description des comportements, le contexte d'apparition, les différentes stratégies d'intervention tentées et les réactions de la personne (préciser la durée);
  • Rappeler à la personne le cadre thérapeutique établi;
  • Donner de la rétroaction positive et souligner les efforts (à préciser).

Troubles des conduites et du comportement

  • Aider à reconnaitre l’impact de son comportement sur son entourage et sur lui-même;
  • Aider à cibler des comportements plus adaptés pour répondre à ses besoins;
  • Informer des actions qui devront être prises pour contrôler les comportements inacceptables (à préciser);
  • Inviter à se retirer jusqu’à évidence de retour au calme (à préciser);
  • Aider à identifier des moyens pour réparer les préjudices causés par le comportement (à préciser);
  • Renseigner sur ses droits et ses responsabilités.

Automutilation

  • Indiquer le niveau d’acceptation et de tolérance concernant la condition physique (à préciser selon ce qui a été préalablement fixé avec le médecin).
  • Surveiller étroitement les lésions à l’aide d’un Schéma corporel;
  • Aviser le médecin s’il y a plus de lésions;
  • Évaluer s’il ne s’agit pas d’un signe de douleur (surtout chez une clientèle qui ne peut s’exprimer);
  • Aider à bien identifier ses sentiments et les sources de stress derrière le geste;
  • Aider à trouver de meilleures façons de gérer les situations stressantes (à préciser);
  • Aider à repérer ses pensées malsaines et à les remplacer par des pensées plus positives;
  • Accompagner dans une Démarche de résolution de problème;
  • Encourager à communiquer pour mieux gérer les conflits;
  • Encourager à obtenir du soutien d’autrui plutôt que d’avoir recours à l’automutilation.

Comportement dommageable ou autodestructeur

  • Évaluer le risque de passage à l’acte et le niveau de contrôle personnel;
  • Assurer une surveillance selon le risque de passage à l’acte et le niveau de contrôle personnel;
  • Demander à remplir par écrit le Protocole d’analyse du comportement dommageable;
  • Encourager le patient à remplir l’Aide-mémoire afin d’éviter de poser un geste dommageable;
  • Aider à reconnaitre les contextes relationnels qui engendrent le comportement dommageable;
  • Aider à identifier les émotions ressenties au moment du comportement dommageable;
  • Aider à établir des liens entre les émotions et le contexte relationnel;Renseigner sur l’importance de ressentir ses émotions plutôt que de passer à l'acte;
  • Favoriser la prise de conscience de l’impact du comportement sur sa vie;
  • Aider à comprendre les raisons profondes de son comportement.

Références bibliographiques

Tassé, M.J., Sabourin, G., Garcin, N. & Lecavalier, L. (2010). Définition d’un trouble grave du comportement chez les personnes ayant une déficience intellectuelle, Canadian Journal of Behavioural Science, vol. 42, no 1, pp. 62-69. Site internet de la Fédération québécoise des centres de réadaptation (http://fqcrdited.org/sqetgc/qui-sommes-nous/definitions-des-de-tc-et-de-tgc) [site consulté en date du 2012-04-03]

Association canadienne pour la santé mentale [site consulté en date du 2012-04-03]

TOWNSEND, Mary C. (2010). Soins infirmiers psychiatrie et santé mentale, 2e édition, chapitre 24, pp.610-617. ERPI.