Colloque en douleur chronique 2016

Conférences

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8 h 30 à 8 h 45

Conférence d'ouverture : La petite évolution du traitement de la douleur chronique

  • Dr René Truchon, anesthésiologiste algologiste, CHU de Québec–Université Laval, et directeur médical du CEGDC RUIS Université Laval, CHU de Québec–Université Laval


8 h 45 à 9 h 30

L'interprofessionnalisme en douleur chronique : Quelles sont les pratiques exemplaires? Comment améliorer nos façons de faire? 

  • Emmanuelle Careau, ergothérapeute, Ph. D., professeure adjointe au Département de réadaptation, Université Laval, et directrice scientifique du Réseau de collaboration sur les pratiques interprofessionnelles (RCPI)
  • Dre Anne Marie Pinard, anesthésiologiste algologiste, CHUL du CHU de Québec–Université Laval, professeure adjointe au Département d'anesthésiologie et de soins intensifs, Faculté de médecine, Université Laval

Une bonne collaboration interprofessionnelle s'avère une façon efficace, efficiente et satisfaisante d'offrir des soins et des services en santé et en services sociaux. Elle est d'autant plus nécessaire pour répondre aux défis de prise en charge des problèmes de santé de plus en plus complexes et multifactoriels, comme c'est le cas de la douleur chronique. En effet, la douleur chronique est reconnue comme une problématique multidimensionnelle soumise à l'influence de facteurs biologiques ou physiques mais également psychologiques et sociaux. Ainsi, la prise en charge nécessite fréquemment une intervention directe sur ces différents facteurs, requérant donc l'implication de professionnels provenant de champs disciplinaires distincts et détenant des expertises complémentaires. En cohérence avec la récente réforme du système de santé, les professionnels sont de plus en plus encouragés à adopter un modèle de prestation de soins et de services intégré où l'interprofessionnalisme devient inévitable. Dans le cadre de cette conférence, nous traiterons des pratiques exemplaires en matière d'interprofessionnalisme et douleur chronique, puis nous discuterons du processus d'optimisation des pratiques de collaboration et du développement d'une équipe de travail, ainsi que des facteurs facilitants ou non à l'intégration des soins et des services. Les participants à la conférence seront mieux outillés pour jeter un regard critique sur les forces et faiblesses de l'offre de soins et de services au regard de la collaboration interprofessionnelle; ils pourront alors identifier des pistes d'amélioration concrètes pertinentes à leur réalité.  


9 h 30 à 10 h 15

Ligne directrice pour l'usage thérapeutique du cannabis 

  • Dr Yves Robert, secrétaire, Collège des médecins du Québec

Depuis l'entrée en vigueur du nouveau règlement fédéral sur l'accès à la marijuana médicale le 1er avril 2014, la responsabilité de déterminer qui pourra faire usage de cannabis incombe aux médecins. Or, l'usage de cannabis dans un contexte de soins reste un traitement non reconnu médicalement. Devant l'obligation de se conformer au règlement fédéral et aux obligations déontologiques des médecins, le Collège des médecins du Québec a du trouver une solution pour concilier ses obligations contadictoires. Voilà pourquoi il a émis le 1er avril 2014 des directives à l'intentention des médecins qui seront décrites dans la présentation. Il a mis en place, en collaboration avec le Consortium canadien d'investigation des cannabinoïdes et le centre de recherche de l'Université McGill,  un cadre de recherche appelé Registre Cannabis Québec. Celui-ci permet d'avoir accès aux patients et aux médecins qui désirent faire usage du cannabis à des fins médicales au Québec, tout en permettant d'accumuler des données susceptibles de mieux définir les indications, les contre-indications, les posologies et les effets bénéfiques et secondaires des différents produits disponibles.


10 h 45 à 11 h 30

Cannabis et douleur : données et défis

  • Dr Mark A. Ware, professeur adjoint de médecine familiale et d'anesthésie à l'Université McGill, codirecteur du Réseau québécois de recherche sur la douleur, médecin expert en gestion de la douleur au CUSM

Le cannabis est utilisé par environ 15 % des patients vivant avec la douleur chronique. Les récents changements de réglementation ont permis la production et la distribution de cannabis médical à travers le Canada. Par conséquent, les patients sont de plus en plus nombreux à demander de l'information à leurs professionnels de la santé. Dans le cadre de cette conférence, nous examinerons la justification clinique et les preuves en faveur de l'usage de cannabis dans la gestion de la douleur, de l'épidémiologie aux essais cliniques, y compris les données connues sur l'efficacité et la sécurité. Le règlement sur la marijuana à des fins médicales (RMFM) qui sera révisé porte sur des informations importantes pour les professionnels de la santé. Nous terminerons en décrivant le Registre Cannabis Québec, une étude de pharmacovigilance provincial, y compris la conception de l'étude, les mécanismes d'accès et de mise à jour.


11 h 30 à 12 h 15

Intérêt du concept de littératie en douleur chronique 

  • Me Michel T. Giroux, avocat et éthicien, Institut de consultation et de recherche en éthique et en droit (ICRED)

La littératie en santé désigne la capacité de reconnaître l'existence d'un besoin d'information en matière de santé ou de services de santé, de déterminer l'information nécessaire, de la trouver, de la comprendre et de la traiter en vue d'une décision éclairée. Pour les professionnels de la santé et les institutions, la conscience de la variabilité de la littératie pose le défi de fournir une information accessible à l'usager ou au public visé. Elle requiert aussi que les professionnels de la santé et les institutions ajustent leurs exigences de compétence à l'égard des personnes qu'ils ont pour mission de servir. 

Le niveau de littératie exercé en santé provient d'une interaction entre les capacités des personnes et les exigences du système de santé et des professionnels. Le projet d'augmenter le niveau de littératie en santé comporte deux dimensions : une amélioration du niveau de littératie des personnes et une diminution des exigences du système et des professionnels. 

Une approche clinique favorable à l'éducation des patients est la bienvenue pour mieux comprendre et mieux vivre avec la douleur chronique. Nous identifions quatre éléments constitutifs de la littératie en santé : la scolarisation, l'univers culturel, l'environnement social, la condition psychologique. Une relation d'aide soucieuse de ces éléments a de meilleures chances de produire de bons résultats.


13 h 30 à 15 h

Table ronde sur l'empowerment - autoprise en charge chez les patients présentant un syndrome douloureux régional complexe (SDRC) 

  • Animation : Catherine Mercier, professeure titulaire, Département de réadaptation, Université Laval, et chercheure, Centre interdisciplinaire de recherche en réadaptation et intégration sociale (CIRRIS)
  • Me Michel T. Giroux, avocat et éthicien, Institut de consultation et de recherche en éthique et en droit (ICRED)
  • Dr Denis Larochelle, anesthésiologiste, CISSS Chaudière-Appalaches
  • Denis Arcand, psychologue, CIUSSS de la Capitale-Nationale (IRDPQ)
  • Caroline Duquette, ergothérapeute, CHU de Québec–Université Laval et chargée de l'enseignement clinique au Département de réadaptation, Faculté de médecine, Université Laval

La participation du patient est une condition primordiale au succès de ses traitements. L'«empowerment» est possible lorsque le patient comprend sa condition, qu'il adhère vraiment aux objectifs fixés avec l'équipe soignante et que les conduites attendues lui sont accessibles. Dans un tel contexte, l'équipe soignante doit tenir compte de la littératie du patient et de sa perception de ce qui lui arrive.

Le syndrome de douleur régional complexe représente une condition où l'engagement du patient au sein de l'équipe est incontournable. L'efficacité de l'intervention va déprendre considérablement de sa contribution à améliorer sa vie au quotidien, particulièrement en regard des activités qu'il considère importantes.

Au cours de cette table ronde, plusieurs intervenants viendront discuter de leur vision de «l'empowerment». D'abord un patient, qui pourra identifier les conditions qui ont été gagnantes dans sa situation clinique; une ergothérapeute, un psychologue et un médecin partageront avec vous leur vision de l'auto-prise en charge d'un patient souffrant d'un SDRC.  Enfin, un avocat spécialisé en éthique vous communiquera des connaissances en lien avec les droits et devoirs du patient et aussi en lien avec la littéracie. 

Par la suite, une discussion entre les panelistes et des échanges avec les participants au colloque au sujet d'une histoire de cas permettra de mettre en évidence les différentes facettes de l'implication d'un patient dans un traitement en douleur chronique.


15 h 30 à 16 h 15

Mise à jour sur les répercussions des troubles de santé mentale sur la douleur chronique

  • Fabien Gagnon, psychiatre et psychologue, chef du Service de psychiatrie de consultation-liaison, CHU de Québec–Université Laval, professeur titulaire au Département de psychiatrie et neurosciences à la Faculté de médecine de l'Université Laval

La douleur chronique, de par son caractère persistant, a de nombreux impacts psychologiques sur le fonctionnement des patients. Qu'en est-il quand le trouble psychiatrique est déjà présent? C'est cette complexité des interactions entre la douleur chronique et les troubles psychologiques qui sera traitée lors de cette présentation. 

Au terme de la conférence, le participant pourra :

  • Décrire les répercussions des principales maladies psychiatriques et des troubles de personnalité sur l'expression de la douleur;
  • Discuter des principaux troubles d'expression somatoforme, dont le trouble douloureux;
  • Préciser l'attitude et l'approche à privilégier pour soulager ces patients en considérant leur problématique psychiatrique associée.